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Les piles alcalines et zinc-carbone

À propos

  • Anode : zinc
  • Cathode : dioxyde de manganèse
  • Électrolyte : hydroxyde de potassium / chlorure d'ammonium
  • Type : primaire / rechargeable
  • Tension nominale de la cellule : 1,5 volt
  • Densité énergétique : 250 - 434 Wh/L
  • Taux d'autodécharge mensuel : 0,3 %
Alkaline zink

Avantages :

  • Rapport qualité-prix - les piles alcalines offrent une longue durée de conservation et une densité énergétique élevée pour leur prix
  • Faible toxicité - le manganèse, l'acier et le zinc sont tous trois des matériaux relativement inoffensifs

Inconvénients :

  • Performance - les piles alcalines et zinc-carbone offrent des performances inférieures à celles de nombreuses chimies de batteries plus récentes
  • Résistance interne - les piles alcalines ont une résistance interne élevée
  • Fuite - lorsque laissées trop longtemps dans les appareils, les piles alcalines peuvent laisser s’échapper des substances corrosives

Informations générales sur le zinc-carbone

Les piles alcalines et zinc-carbone sont suffisamment similaires pour être recyclées ensemble. La pile au zinc-carbone était la première batterie sèche disponible dans le commerce. Des expériences à la fin du 19e siècle par Georges Leclanché et Carl Gassner ont mené à l'amélioration et à l'utilisation répandue des piles zinc-carbone dans la toute première lampe de poche, ce qui a également donné naissance au fabricant de batteries Eveready.

Les piles zinc-carbone possèdent un boîtier en zinc qui sert d'anode, et une tige de carbone entourée de dioxyde de manganèse comme cathode, d'où leur nom. Il s’agit d’une conception relativement peu efficace avec une faible capacité, une durée de vie limitée et un risque considérable de fuite, mais elle est toujours produite aujourd'hui grâce à ses coûts de fabrication particulièrement bas.

Informations générales sur les piles alcalines

La pile alcaline moderne a été inventée dans les années cinquante par un ingénieur canadien qui travaillait chez Eveready. C'était une amélioration par rapport à la pile zinc-carbone : l'électrolyte à base de chlorure d'ammonium ou de chlorure de zinc a été remplacé par de l'hydroxyde de potassium alcalin, tandis que le boîtier en zinc massif a été remplacé par du zinc en poudre faisant office d'anode. Le résultat était une meilleure capacité, une durée de vie plus longue, et densité énergétique plus élevée.

Depuis leur commercialisation, les piles alcalines sont devenues extrêmement populaires. Aujourd'hui, elles représentent environ 80% de toutes les piles  produites aux États-Unis, tandis qu'au sein de l'UE, elles constituent 47% des ventes annuelles de piles. En 1992, les piles alcalines rechargeables ont été introduites sur le marché, mais elles sont beaucoup moins efficaces que d'autres types rechargeables et peuvent être rechargées, dans le meilleur des cas, seulement quelques fois.

Les piles alcalines dans le monde

Les piles alcalines sont extrêmement populaires depuis leur lancement commercial. Ces dernières années, elles représentaient environ 80 % de toutes les piles produites aux États-Unis. Rien qu'en Belgique, en 2020, 2,7 millions de kg de piles alcalines ont été mis sur le marché national (la deuxième catégorie la plus grande était celle des batteries au lithium rechargeables, avec 1,7 million de kg).

Applications les plus courantes

Les piles alcalines et  zinc-carbone sont principalement utilisées pour de petits appareils ménagers. Pensez aux télécommandes, jouets, horloges, ...

Afstandsbedieningen

Pourquoi recycler les piles zinc-carbone ?

Bien que les piles alcalines modernes et zinc-carbone modernes contiennent relativement peu de substances toxiques et volatiles, elles restent les piles les plus utilisées aujourd'hui. Leur recyclage a donc un impact significatif. Cela aide également à réduire les matières premières extraites du sol pour la production de nouvelles piles alcalines et zinc-carbone.

Les anciennes piles alcalines et zinc-carbone peuvent également contenir de petites quantités de mercure, une substance très toxique. De plus, les piles zinc-carbone sans boîtier en plastique sont susceptibles de fuir et peuvent provoquer des courts-circuits.

Points forts du processus

Général

Les piles alcalines et zinc-carbone suivent un processus de recyclage relativement standard. Elles nécessitent peu de traitement spécialisé, car elles contiennent des matériaux simples et ne présentent pas de grands risques pour la santé ou l'environnement. Pourtant, différentes méthodes sont utilisées à travers le monde, et des recherches sont menées quotidiennement pour découvrir de nouvelles approches.

Comminution

Dans la plupart des cas, les piles sont d'abord broyées dans un broyeur à grappin ou un broyeur à couteaux pour les réduire en particules de 1 à 3 millimètres de diamètre. Certaines entreprises de recyclage sautent toutefois l'étape de broyage et traitent les piles entières dans des hauts-fourneaux, principalement pour récupérer le zinc et le manganèse.

Selon la méthode de réduction utilisée (comminution), les étapes de séparation suivantes peuvent varier, bien que ce soit parfois plus en termes d'efficacité que de méthode. Une réduction plus efficace assure des flux de sortie plus purs.

Séparation physique

La séparation magnétique est utilisée pour récupérer les boîtiers en acier des piles alcalines.

La séparation par milieu dense (Dense Medium Separation, DMS) est employée pour séparer les plastiques et le papier des matériaux de masse noire plus lourds. Ensuite, la DMS est à nouveau utilisée pour séparer les plastiques légers des plastiques lourds.

Le tamisage est également une option couramment uilisée pour ce type de pile, bien qu'il nécessite une comminution intensive pour réduire suffisamment la taille des matériaux. À ce stade, la masse noire peut être récupérée comme la fraction la plus fine du mélange – environ 0,5 à 0,75 millimètre.

Traitement pyrométallurgique

Dès que le plastique, le papier et les boîtiers en acier sont triés dans leurs flux respectifs, ils sont prêts à être envoyés vers des aciéries ou d’autres installations afin d’être raffinés, transformés ou utilisés comme combustible.

La plupart des installations de recyclage optent ensuite pour une approche pyrométallurgique pour traiter le flux résiduel (la masse noire). Dans le cas des piles alcalines et zinc-carbone, la masse noire est principalement composée de zinc, de dioxyde de manganèse et de potassium, mais contient souvent aussi des traces d'autres métaux tels que le fer, l'acier et le mercure, ainsi que du carbone. Ces éléments se trouvent généralement sous forme de composés de minerai ou de sulfure. Les liaisons chimiques doivent donc être rompues pour séparer les métaux du matériel organique, qui prend ensuite généralement la forme de scories. Pour ce processus, un four rotatif Waelz est souvent utilisé.

  • La séparation du mercure des ions chlorure se fait à 450 °C à l'aide d'un vide.
  • L’oxyde de zinc est réduit en zinc à des températures supérieures à 920 °C. Les zinc est récupéré sous forme de vapeur pour être ensuite distillé.
  • Le manganèse reste à l'état solide pendant le processus de pyrolyse, mais est réduit en oxyde de manganèse par le carbone présent dans le mélange.
  • Les matériaux restants après ces processus pyrométallurgiques sont l'oxyde de manganèse et le fer.
  • Le fer est séparé pour un traitement ultérieur, tandis que les oxydes de potassium et de manganèse restants finissent sous forme de scorie.
Méthodes hydrométallurgiques alternatives

En alternative, des méthodes hydrométallurgiques sont également étudiées, pour l'instant principalement à l'échelle du laboratoire. Ce processus se déroule approximativement comme suit :

Après un traitement mécanique pour récupérer un flux de métaux (via la séparation magnétique et la séparation en fonction des différences de densité), la poudre noire restante contient du carbone, du manganèse et du zinc.

Cette poudre soumise à une lixiviation afin d’obtenir une solution riche en manganèse et en zinc.

Cette solution est ensuite purifiée, ce qui permet d’obtenir des sels de manganèse et de zinc.

 

 


 

Produits finis

La plupart des méthodes de recyclage pour les piles alcalines et zinc-carbone permettent d’obtenir les matériaux suivantes :

  • Plastiques
  • Papier
  • Acier
  • Zinc
  • Scories riches en manganèse
Polymere plastics

Tendances futures

À mesure que les matières premières deviennent plus rares et que l’utilisation responsable des ressources de notre planète devient une priorité accrue, il est tout à fait possible que les piles zinc-carbone soient progressivement retirées du marché. Les piles alcalines pourraient ensuite connaître la même évolution, lorsque de nouvelles chimies de batteries plus efficaces feront leur apparition.

Néanmoins, en raison du nombre énorme de piles alcalines et zinc-carbone actuellement utilisées, de nouvelles méthodes de recyclage font continuellement l’objet de recherches afin d'améliorer le processus.

Un exemple d'innovation en matière de recyclage se trouve en Finlande, où l'entreprise de technologies propres TraceGrow a développé un procédé pour récupérer jusqu'à 80 pour cent du zinc et du manganèse issus des piles alcalines usagées. Ceux-ci sont ensuite utilisés comme source de micronutriments dans les engrais ! Le mercure et autres métaux toxiques présents dans les piles sont également récupérés séparément et traités dans une installation pour déchets dangereux.

Expériences de recyclage des piles alcalines

Un autre développement (expérimental) dans le recyclage des piles alcalines utilise un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde d'hydrogène dans un processus de lixiviation. Celui-ci permet d’atteindre un taux de récupération de 99% pour le zinc et de 97% pour le manganèse.